Parce que je suis lasse de vivre et de revivre ces évènements, à chaque fois les mêmes et à chaque fois différents, répétitions monotones qui restent inédites par les noms de ceux qui tombent.
Quand un ancien moudjahid se défend contre un "repenti" (je trouve l'utilisation de ce terme abusif et tiens à la dénoncer, repenti implique d'avoir une conscience, moi je demande à voir) c'est lui qui a droit au carton rouge.
...le réchauffement climatique a déjà gravement atteint l'Algérie, comme une sorte de microclimat. La preuve, il y fait fondre nos richesses. Il est près de brûler nos restes d'espoir et la sécheresse culturelle facilitant les incendies, on a mis le feu à notre mémoire collective, à tel point qu'à l'heure où j'écris, elle n'est plus qu'un tas de cendres balayées par le vent.
Comment un tressaillement, un bruissement lointain est-il devenu cette menace sourde, ce grondement effrayant ? Très vite, cela a été le chaos. Les bibelots, les meubles, puis les murs et enfin le sol.
Et Boutef qui prend son bain de foule, et qui continue pourtant de dégager une odeur putride de pseudo-dictateur sans conscience.
En attendant l'allumette providentielle qui viendra provoquer l'étincelle nécessaire au démarrage du processus de carbonisation de ce système démocratique en bois, nous assistons, impuissants, à un raz-de-marée de chiffres.
Quelques brèves tirées de l'actualité algérienne.
A midi, on nous dit qu'être une femme, c'est être livrée avec l'option cancer du sein et/ou cancer de l'utérus. Qu'être stérile, c'est être un peu moins une femme et qu'être un peu moins une femme c'est un peu être moins que rien.
"...On s'est fait avoir en 2004 en croyant que c'était différent alors que c'était la même chose. C'est traumatisant de devenir la risée de gens qu'on méprise. En cinq ans, on a vu le temps passer sans changer l'Algérie d'un poil. C'est déstabilisant de vieillir en laissant le pays en être toujours à sa crise d'adolescence..."
Que ferait le pouvoir de 18 millions de votes nuls ? Changerait-il son interprétation du terme "nul" ? Se l'approprierait-il dans la loi comme il se l'est approprié dans la vie ?
En 2016, l'Algérie avait raflé toutes les médailles des épreuves de natation aux Jeux Olympiques. Une nouvelle équipe se prépare pour les JO de 2020, la précédente ayant rejoint l'Europe à la nage.
A l'heure actuelle, il est comme un orphelin abandonné de tous. Comme un comique en herbe qui monte sur scène dans une petite salle et qui remarque qu'elle est vide. Comme ce grain de maïs pleurant de désespoir dans la pub d'une marque de légumes en conserve dont je ne citerai pas le nom.
Cela vaudrait mieux que l'ONU qui lève un doigt tremblant pour implorer Israël de cesser ses bombardements au lieu de mettre un poing d'honneur à rétablir la paix.
Jouée par un orchestre de musiciens imposteurs et sans talent, cette symphonie est dominée par le pipeau, instrument à vent - d'après les connaisseurs - médiocre par excellence.
Si tu estimes qu'un enfant et un vieillard fuyant sur le même bateau de fortune ressemble à une caricature de la fin du monde, que le nombre de couffins du ramadan qui augmente chaque année devrait être une honte et pas une fierté, alors tu n'as rien compris à l'Algérie.
Parfois, la lassitude nous prive d'humour, puisse-t-il être noir.
Ailleurs, la démocratie c'est laisser la majorité élire son président. Chez nous, c'est laisser une minorité choisir un président pour le voir quitter son fauteuil pour son cercueil.
A quoi tout cela a-t-il servi lorsque l'on voit ces journaux à la solde du pouvoir flatter l'égo sans bornes d'un despote sans grandeur, nier avec aplomb la réalité de la situation, sa gravité, son caractère tragique ?
Il y a quelques jours, Ouyahia déclarait, revêtant le costume de la victime qu'il aime tant et qui pourtant lui va si mal - on pourrait dire qu'il est trop juste pour lui, mais en fait il est juste trop faux.
Akki dh'amur : Le nouvel album d'Ali Amran
Cheïkh Nani décède à Dubaï