Ath-Ouacifs, à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Tizi-Ouzou, ont été, mardi, au moment où le centre-ville commençait à se vider de ses badauds, le théâtre d’une spectaculaire incursion terroriste.
Selon des témoignages, ils étaient au moins une dizaine à avoir pris position, tout autour du commissariat de police de la localité, pour s’engager dans un mitraillage tel que beaucoup craignaient le pire pour les policiers. Mais la riposte de ces derniers, pendant une demi-heure, voire plus selon certains, a contraint les terroristes au repli. Un bilan non officiel fait état de quatre policiers blessés. Une incursion qui rappelle celle du début du mois de juillet de l’année dernière, lorsque le même commissariat a été la cible d’un mitraillage, pratiquement au même moment, à la nuit tombée, comme cela a été souvent le cas depuis le début de cette année. La liste des localités que les citoyens préfèrent éviter de rallier en fin de journée s’est, en effet, allongée de quelques noms. Des contrées et des lieudits qui, il est vrai, n’ont pas fini de subir les affres du GSPC, et ce, malgré le dispositif sécuritaire densifié depuis plusieurs mois, comme c’est le cas justement à Ath- Ouacifs, et les localités avoisinantes où, après une accalmie qui aura duré, du sanglant attentat ayant coûté la vie à sept gendarmes de la brigade de la voisine Beni-Yenni, au début du mois de mars 2007, à l’incursion à Aït Toudert, une commune de la daïra de Ath-Ouacifs, où un père de famille et son fils ont été assassinés après avoir tenté de tenir tête à un groupe composé d’une vingtaine de terroristes, qui entendaient kidnapper le jeune homme, le 29 mai de l’année dernière. Depuis, l’accalmie a pris fin dans cette partie de la wilaya de Tizi-Ouzou, où les opérations militaires se sont succédé, telle celle, impressionnante, ayant eu pour cadre le massif de Thahechat, situé à la lisière des communes de Aït-Toudert et Ath-Ouacifs, il y a deux semaines. Une de ces sorties que l’ANP a organisées de manière quasi cyclique, engagée, selon des supputations de sources au fait de la question sécuritaire en Kabylie, après l’attaque terroriste ayant visé le campement de l’armée établi à Icheridène, à l’est de la commune de Aït-Oumalou, non loin de Aïn-El-Hamam, a coûté, selon un bilan non officiel, la vie à deux soldats. Cette sortie de l’ANP dans le massif de Thahechat accréditait la thèse selon laquelle la région de Ath- Ouacifs a été réinvestie il y a quelques mois par le GSPC, branche d’Al-Qaïda au Maghreb, qui en a fait une de ses bases arrières. La découverte d’une dizaine de casemates aménagées et de divers matériels ne fit que conforter cette affirmation, comme celle qui a cours pour les groupes terroristes activant à l’est et au sud-est de la wilaya de Tizi- Ouzou et qui trouvent refuge à Sidi-Ali-Bounab, tels ces groupes qui se sont «illustrés» tout récemment à Tadmaït, où, après l’attentat kamikaze ayant ciblé la caserne de la Garde communale, ils ont tendu une embuscade à une patrouille de l’armée faisant six morts dans les rangs des forces de l’ordre. Aïn-Zaouia, dont le parc communal et le futur siège de la police ont fait l’objet d’attentats à la bombe au début du mois de février dernier, et Boghni, où un policier a été égorgé avant d’être brûlé dans sa voiture, il y a trois semaines, sont autant d’exemples qui illustrent la thèse émise par certains observateurs locaux, faisant état probablement d’un nouveau déploiement des groupes terroristes, suite aux pertes que leur ont fait subir les militaires et les autres corps de sécurité, dont les hauts faits sont l’arrestation de l’«émir» Abou Taymim, dans les environs d’Azazga le 28 janvier dernier, et, plus récemment encore, l’élimination de Mourad Mesrour, plus connu sous le pseudonyme de l’«émir» Laâouar, il y a quinze jours à Mizrana. Ainsi, comme l’illustre la longue liste des actes terroristes commis depuis le début de cette année, les «restes» du GSPC ne semblent pas être très convaincus par les appels à la reddition, même s’ils émanent du «père fondateur ». Ils entendent même continuer à frapper les esprits en lançant des attaques aussi spectaculaires, médiatiquement portantes, que celle ayant eu pour cadre le centre de Ath-Ouacifs, et ce, à un moment aussi «imposant » que celui que nous vivons depuis une semaine : la campagne électorale pour la présidentielle.
Source: Le Soir d'Algérie
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