Les pessimistes diront que plus d’un électeur sur trois a boudé les urnes. Les optimistes diront au contraire que près d’un électeur sur deux est allé voter. Ne sous-estimons pas le pouvoir de l’interprétation dans les résultats de la dernière déchéance électorale.
Remarquons que Abou Djerra Soltani, président de la mouvance islamiste MSP, est très au fait de ces notions de plus ou moins, de relativité et de verre à moitié vide vu à moitié plein. Car si le MSP perd sa troisième position, ratant donc le podium au profit du FNA, il ne se laisse guère abattre par cette broutille, puisque qu’il a tout de même augmenté son nombre de sièges. Nous sommes donc rassurés qu’il n’y ait pas de débâcle des islamistes dans notre pays comme certaines mauvaises langues le prétendent.
De son côté, Karim Tabbou, qui vient de démissionner de son poste de premier secrétaire du FFS, est également bien rôdé par cette vision des choses car il estime que « le FFS n’est pas bien classé dans l’Algérie officielle, mais [qu’]il caracole à la tête de l’Algérie réelle ». Ne perdons pas espoir donc, peut-être un jour l’Algérie réelle deviendra-t-elle officielle et nationale.
D’autre part, on note les réclamations de Said Sadi qui s’étonne que son parti n’ait eu aucun siège à Alger, alors qu’il en a eus à Tindouf. Sachant que parallèlement à cela, le taux de participation le plus élevé a été enregistré à Tindouf où il a fait beau et que le ministre de l’intérieur nous a confié que le mauvais temps dans le nord du pays avait été responsable du taux d’abstention, pouvons-nous dire qu’il existe une probabilité selon laquelle les électeurs du RCD seraient particulièrement sensibles à la pluie ?
Pour ce qui est des constantes, Louisa Hanoune crie à la fraude, pas celle relevant du Ministère de l’Intérieur, hacha, mais plutôt celle des autres partis. Ben oui, ils ont plus de voix, ils ont triché, c’est évident.
Donc le MSP a gagné mathématiquement, le FFS a gagné réellement, le RCD météorologiquement et le PT aurait gagné s’il avait été seul en lice.
Mais pour résumer la situation officielle, l’Alliance présidentielle, comprenant le FLN, le RND et le MSP, garde la majorité absolue avec au total 65.24% des sièges de l’APC, ce qui est absolument normal, puisque dans l’absolu, le président a toujours raison et que s’il n’est pas majoritaire c’est qu’il est minoritaire, donc une demi-portion, et ça, ça ne se dit pas.
Par Nanou pour Zoom-Algerie.com
02/12/2007
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