Avec le retour du beau temps, la grande harga reprend de plus belle. Moins de 48 heures après l’opération difficile et éreintante de recherches pour le sauvetage de 18 harraga, qui a duré une dizaine d’heures, durant laquelle les gardes-côtes de Annaba ont utilisé tous les moyens à leur disposition, une nouvelle harga est tentée par 18 autres jeunes, dont trois mineurs de 16 et 17 ans.
Originaires, pour la plupart, d’El-Tarf (10), mais également d’Annaba (6) et de Guelma (1), ces candidats à l’émigration clandestine ont choisi, cette fois-ci, la plage de Draouche, dans la wilaya d’El-Tarf. Selon le chef de la station maritime principale des gardes-côtes de Annaba, M. Zaïdi Abdelaziz, ils ont pris le large lundi vers 23 h. Ils étaient entassés dans une embarcation de fortune, équipée d’un moteur de 40 chevaux. Mais leur rêve d’atteindre les côtes sardes s’est vite évanoui, et pour cause alors qu’ils étaient à 24 milles (une cinquantaine de kilomètres environ) au large des côtes de Annaba, la mer s’est subitement déchaînée. Leur barque traditionnelle commença à tanguer dangereusement. La peur au ventre, et craignant de subir le même sort que les autres harraga, sauvés in extremis dimanche dernier dans un état lamentable, ils ont allumé des fumigènes pour signaler leur présence aux gardes-côtes, constamment en patrouille dans ces zones. Ces derniers ont mis en branle leurs moyens d’intervention dans de pareils cas, nous fera savoir M. Zaïdi. Ramenés sains et saufs au siège des gardes-côtes de Annaba, mardi vers 5 h du matin, les 18 harraga se sont prêtés aux formalités d’usage en pareil cas (visite médicale par le médecin de la Protection civile et audition par les éléments de la station maritime). Selon M. Zaïdi, les jeunes harraga devaient être présentés dans l’après-midi d’hier au procureur de la République qui statuera sur leur cas, conformément à la nouvelle loi n° 09/01 du 25 février 2009, modifiant et complétant l’ordonnance n° 66/156 du 8 juin 1966 portant code pénal, notamment son article 175 bis criminalisant l’émigration clandestine.
Source: Le Soir d'Algérie
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