Selon un article paru le 4 juin dans le Jeune Indépendant, il semblerait que 80% de l'eau de nos barrages s'évaporent et que le phénomène risque de s'aggraver avec le réchauffement de la planète. Ce chiffre aurait été donné par Mr Kamel Mostéfa-Kara, Directeur Général de l'Agence Nationale des Changements Climatiques. Et si j'emploie le conditionnel, c'est parce que je me demande si ce chiffre est un délire du Jeune Indépendant qui veut faire sensation ou si Mr Mostéfa-Kara souhaite continuer dans la lignée de la campagne électorale avec des pourcentages frappants par leur manque de crédibilité.
Ces 80% semblent un tout petit peu exagérés. Car si on y ajoute les pertes dues à l'envasement et aux fuites des réseaux d'alimentation (et Dieu sait qu'il y en a), nos barrages ne sont plus que des tombes ouvertes attendant nos cadavres déshydratés, des trous béants dans lesquels les nuages ne peuvent même plus se refléter, ce qui fait qu'ils n'aiment pas survoler notre pays et qu'ils préfèrent aller déverser leurs pluies sur d'autres contrées. Cercle vicieux s'il en est…
Cette menace vient tout de même un peu comme un cheveu sur la chorba au moment où on nous vend "l'eau H24 en Algérie !". Mais rassurons-nous, le réchauffement de la planète est dû en partie à la combustion des énergies fossiles comme le gaz naturel et le pétrole. Lorsqu'il n'y en aura plus, peut-être aurons-nous la chance d'échapper à la soif. Il nous restera alors à nous battre contre la faim, mais ça, c'est une autre histoire.
Bref, si on veut s'approcher un peu plus de la réalité, disons plutôt que le réchauffement de la planète a déjà gravement atteint l'Algérie, comme une sorte de microclimat. La preuve, il y a fait fondre nos richesses. Il est près de brûler nos restes d'espoir et la sécheresse culturelle facilitant les incendies, on a mis le feu à notre mémoire collective, à tel point qu'à l'heure où j'écris, elle n'est plus qu'un tas de cendres balayées par le vent.
En attendant que la fonte des glaces ne s'amorce, faisant monter le niveau de la mer, on peut accuser les harraga de faire déborder la Méditerranée parce qu'ils n'ont pas la décence de se noyer là où on pourra repêcher leur dépouille encombrante pour la présenter à la justice pour tentative d'immigration clandestine ET aggravation des facteurs de changements climatiques.
Blague à part, nous savons que le vrai changement de climat, ce sera quand le peuple s'enflammera et réduira définitivement en cendres un système en carton maintenu en place par un pouvoir en papier, puisse-t-il être plastifié.
Tout cela pour dire que même si on nous menace de sécheresse, nous trouverons toujours, têtes brûlées que nous sommes, de quoi remplir nos bouteilles.
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