Dans le sillage des nombreux messages d’apaisement que l’Amérique d’Obama veut adresser à ses traditionnels adversaires, la nomination d’un ambassadeur des Etats-Unis en Syrie n’est pas des moindres. Cependant, si certains veulent n’y voir que de bonnes intentions, on peut soupçonner une volonté tactique d’isoler l’Iran.
Les Etats-Unis vont envoyer un ambassadeur en Syrie après quatre ans d’absence dans le pays, a-t-on appris hier auprès d’un responsable de l’administration Obama. Jeffrey Feltman, sous-secrétaire d’Etat, a informé mardi soir l’ambassadeur syrien à Washington, Imad Moustapha, du projet de l’administration américaine. Si la décision a été prise, elle ne sera pas appliquée immédiatement, a précisé un responsable du département d’Etat sous couvert de l’anonymat. Cette décision traduit la volonté de Barack Obama, détaillée dans son discours du Caire, de tisser de nouveaux liens entre les Etats-Unis et le monde arabe dans le but, notamment, de trouver une issue au conflit israélo-palestinien, selon une source au sein de l’administration. «Cette décision traduit la reconnaissance par l’administration du rôle important de la Syrie dans la région et notre espoir de voir le gouvernement syrien jouer un rôle constructif dans la promotion de la paix et de la stabilité dans la région», a indiqué ce responsable à Associated Press sous couvert de l’anonymat. «La réinstallation d’un ambassadeur est un exemple concret de l’engagement de l’administration à utiliser tous les moyens, dont le dialogue, pour traiter ces questions», a-t-il précisé. L’administration Bush avait rappelé son ambassadeur à Damas en février 2005 pour protester contre l’implication présumée de la Syrie dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri.
La Syrie revendique toujours le plateau du Golan, annexé par l’Etat sioniste lors de la guerre des Six jours en 1967. Outre son potentiel rôle clé dans une issue au conflit israélo-palestinien, Damas est également le plus proche allié de l’Iran, dont le programme nucléaire inquiète Washington. C’est pourquoi on peut s’interroger sur ce soudain réchauffement des relations entre Damas et Washington alors que c’est en réalité la politique américaine dans la région qui devrait présider à ce type de dégel.
En attendant plus d’éléments, les observateurs devront rester prudents avant de déclarer la fin d’une crise dont l’Etat sioniste nourrit sa politique intérieure aux dépens de ses voisins, mais surtout d’un peuple en souffrance depuis des décennies.
Source: Le Jeune Indépendant
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