Depuis la visite de Boutef en Iran et les déclarations qu’il a faites sur le tombeau de Khomeiny, je me suis posé 1001 questions. Le doute m’a taraudée et les interrogations se sont succédées dans mon esprit comme les harraga dans les tribunaux, comme les théories sur le troisième mandat dans la presse, comme les accidents sur nos routes, comme les manifestations populaires dans nos rues, comme les émeutes dans nos villes.
Tout d’abord, je me suis dit « bien, plus d’hypocrisie, plus de faux-semblants, il assume ses penchants islamistes, le coming-out se poursuit avec tout ce qu’il faut d'audace, même s’il présente une tendance… hum… SM ».
Mais lorsqu’il a ajouté que le peuple algérien était « parfaitement conscient du message du défunt visant à préserver la charia de toutes formes de dérapages l'ayant entamée aux temps du déclin et des croisades », là, j’ai trouvé que la plaisanterie avait assez duré et que la rhétorique elle-même devait avoir envie de vomir. La politique de Khomeiny en Iran est bien plus qu’un dérapage, c’est plutôt une glissade sur la piste noire d’une station de ski.
Et puis j’ai enfin compris. J’ai saisi le message que Boutef voulait nous envoyer, à nous ainsi qu’à Khomeiny (que la paix ne soit pas sur lui). Il a semé les indices qui me font m’inquiéter grandement pour son état de santé, non psychologique, mais physique. Bien que nous ayons oublié depuis quelque temps sa fragilité, il n’en reste pas moins que cette admiration de mauvais goût pour un opposant aux libertés fondamentales, pour un homme qui a laissé sur son chemin la désolation ne peut signifier qu’une seule chose :
« Khomeiny, j’arrive, garde-moi une place en Enfer ».
C’est là la seule explication plausible que j’ai trouvée à cet hommage écœurant qu’aucun chef d’Etat digne de ce nom n’aurait jamais osé… de son vivant.
Par Nanou pour Zoom-Algerie.Com
17/08/2008
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