Les pays les plus durs du cartel réclamaient une baisse substantielle de l’offre de l’ordre de deux millions de barils par jour, les partisans de la prudence, plus modérés, plaidaient pour une réduction d’un million au maximum. Partagée entre les deux, l’Opep a finalement préféré une solution médiane en décidant d’une réduction de 1,5 million de baril par jour. Selon l’APS, l’Algérie baissera sa production de 71 000 barils par jour. Comme première réaction du marché pétrolier, les cours ont poursuivi leur dégringolade, contrairement aux attentes des ministres réunis à Vienne qui tentaient d’enrayer la chute des prix du pétrole qui a perdu plus de la moitié de sa valeur depuis juillet. Les cours ont chuté à près de 61 dollars à Londres et 63 dollars à New York après la décision de l’Opep de baisser sa production. Tout pourrait changer dans les heures à venir, mais selon certains analystes, l’annonce n’aura pas d’effet à court terme. En pensant que ces baisses ne permettront pas d’enrayer la chute des cours, d’autres analystes s’attendent à voir les prix baisser jusqu’à 50 dollars l’année prochaine. Ils jugent qu’il s’agit là du début d’un nouveau cycle de baisse des quotas de production qui se poursuivra en 2009. Sous l’impact de la crise financière, l’Opep pourra décider d’une autre baisse lors de sa prochaine réunion en décembre. Selon le président de l’OPEP et ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, «Si la réunion de vienne n’atteint pas ses objectifs, il restera celle du 17 décembre à Oran pour rectifier le tir dans le cas où nous avons besoin de le faire», a-t-il déclaré à l’APS. Dans le même sens, le ministre irakien du Pétrole, Hussain al-Chahristani, a évoqué la possibilité de nouvelles réductions de l’offre à l’issue de la prochaine réunion de l’Opep en décembre. Et ce, en fonction de l’évolution de la demande d’ici là, a-t-il expliqué jeudi. Il a même parlé de la nécessité «d’étudier les chiffres du marché, voir comment évolue la demande avant de décider d’une baisse de production». Il a justifié la décision de revoir la production à la baisse par le fait que «la demande de pétrole a baissé considérablement au cours des derniers mois et la production actuelle au sein et hors de l’Opep est supérieure, donc cela demande évidemment une réduction de production». Chakib Khelil a laissé entendre jeudi à Vienne qu’une réduction de la production pétrolière de l’OPEP ne saurait être suffisante à elle seule si elle n’est pas soutenue par une hausse de la demande en 2009 et un effort de contribution à cette baisse de la part des pays producteurs non membres de l’organisation.
«La demande sur le pétrole va baisser, et elle va continuer à baisser, et il est tout à fait clair qu’avec la crise financière qui s’étend, la grande préoccupation maintenant est de savoir si cette crise financière va affecter ou non les pays qui restent un peu isolés de cette crise, comme la Chine, l’Inde et les pays du Moyen Orient», a-t-il expliqué en poursuivant que les prévisions pour l’année prochaine annoncent «une augmentation de la demande de l’ordre de 700 000 barils par jour qui proviendrait de ces pays-là, comparativement à une demande de 1,5 million de barils les années précédentes». En l’absence, cependant, de l’augmentation de la demande des Etats-Unis et de l’Europe, il ne reste que cette demande qui, si elle vient à être affecté par la crise, «se traduirait par une baisse de 700 000 barils/jour de moins». Chakib Khelil a prévenu, à ce titre, en soulignant que cette réduction de la demande «va être très difficile pour l’Opep, qui ne va pas pouvoir baisser énormément sa production, et qui aura surtout des difficultés à prendre cette charge toute seule». Pour éviter le risque de la poursuite de la baisse des prix, l’Opep aura vraiment besoin d’une coopération avec les autres pays afin qu’elle puisse diminuer sa production et maintenir ainsi la stabilité des prix. Le président de l’Opep a réitéré, par ailleurs, sa demande d’une contribution «concrète et non pas seulement morale» de la part des pays non membres de l’OPEP à la réduction de la production pétrolière. «Jusqu’à maintenant, nous n’avons eu qu’un appui moral du Mexique, de la Norvège et de la Russie, mais ce qu’on voudrait, nous, c’est que si on vient à réduire un certain nombre de millions de barils de pétrole, il faudrait qu’une partie de cette réduction provienne d’autres pays et qu’elle soit très clairement exprimée», a-t-il ajouté. Mais les gestes faits dans ce sens par ces pays ne sont pas suffisants. Son souhait est de voir cette fois-ci la Russie, le Mexique et la Norvège contribuer à appuyer une réduction de la production des pays membres de l’OPEP, sachant que ces pays ne sont que des membres observateurs dans l’organisation, et donc, en n’étant pas des membres à part entière, ils ne sont pas obligés de contribuer à la réduction. Il et «pénible», selon lui, pour les pays membres de l’OPEP, de contribuer tout seuls à cette réduction, alors que leur part dans la production pétrolière mondiale n’est que de 40%, et qu’au moment où ils prennent en charge à cent pour cent cette baisse, les autres bénéficient de 100 % de l’amélioration des prix sans avoir fourni aucun effort. Il jugera donc qu’il est «tout à fait normal, et il serait très intéressant de distribuer la peine sur tout le monde, et les gains aussi».
Karima S.
Source : Le jour d'Algérie
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