L’aéroport international d’Alger a été saccagé dans la nuit de lundi à mardi par des milliers de supporters souhaitant partir pour Khartoum. L’aérogare est placée, depuis, sous très haute surveillance policière pour tenter de gérer les mouvements de foule.
La façade du terminal international de l’aéroport d’Alger a été, hier, le théâtre de scènes de grande violence. Défoncées à plusieurs endroits, les baies vitrées de la façade principale gardent encore les stigmates de la colère de ces milliers de jeunes gens venus embarquer pour le Soudan. A l’intérieur, plusieurs guichets de compagnies aériennes ont été saccagés, à l’instar de ceux de Lufthansa ou de la British Airways. Les premiers signes de tensions ont commencé à apparaître lundi après-midi devant l’agence d’Air Algérie où les agents de la compagnie nationale ont été totalement dépassés par l’affluence de milliers de jeunes. La violence finira par éclater aux environs de 1h du matin. Présents sur place, les Unités républicaines de sécurité sont intervenues sur-le-champ pour rétablir l’ordre à coup de matraques. Hier, la tension était toujours perceptible. La police anti-émeute a installé un périmètre de sécurité pour filtrer les supporters. Seules les personnes en possession d’un billet en bonne et due forme ont le droit de pénétrer dans l’enceinte de l’aéroport. Mais même avec ce fameux billet, il faut attendre au minimum une heure pour pouvoir accéder à l’intérieur du terminal. Une situation qui s’est répercutée sur les passagers en partance pour les autres destinations. Les supporters pointent un doigt accusateur contre Air Algérie. A l’extérieur, l’un d’eux prend à partie une employée de la compagnie aérienne. «Vous nous avez demandé de vous remettre nos passeports et l’argent. Maintenant que je suis dehors, je me retrouve sans rien. Faute de billet, les policiers refusent de me laisser entrer. Je ne te demande qu’une seule chose ma sœur, rends-moi mon passeport et je me désiste pour l’argent. Air Algérie peut le garder», lance-t-il. «Désolée, je ne peux rien faire. Tu dois te présenter à l’agence récupérer tes documents», répond-elle, impuissante. Ce jeune homme n’est pas le seul à subir ce dilemme. D’autres, sans le sou, gardent encore l’espoir de partir pour Khartoum afin de supporter l’équipe nationale. Pour cela, ils n’hésitent pas à faire appel à la générosité des passants. A l’instar d’un jeune de Aïn-Defla qui «fait la manche» depuis dimanche. «Cela fait trois jours que j’économise dinar après dinar. J’étais parmi les premiers à venir à l’aéroport d’Alger. Certaines personnes dans la même situation que moi ont réussi à se faire payer leurs billets. Moi, il me manque une petite somme pour partir. Je veux ce billet et je l’aurai», dit-il avec insistance. Néanmoins, notre interlocuteur déplore le fait que les vols pour Khartoum n’aient pu avoir lieu qu’à partir d’Alger et Constantine. «C’est illogique, il y a des aéroports partout dans ce pays. Si c’était bien organisé, j’aurais pris l’avion à partir de Chlef». Hier après-midi, ils étaient encore des milliers à affluer vers l’aéroport Houari-Boumediene dans l’espoir de partir pour Khartoum. Un rêve qui restera inaccessible pour nombre d’entre eux.
Source : Le Soir d'Algérie
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