
En ramenant le peuple à son échelle sans doute voulait-il se sentir moins seul. Car la solitude doit être le fardeau de tout président. Mais plus particulièrement pour celui du royaume Algérie. Et plus particulièrement encore en ce début de l'année 2959 de l'ère berbère. A l'heure actuelle, il est comme un orphelin abandonné de tous. Comme un comique en herbe qui monte sur scène dans une petite salle et qui remarque qu'elle est vide. Comme ce grain de maïs pleurant de désespoir dans la pub d'une marque de légumes en conserve dont je ne citerai pas le nom.
Et c'est normal. Car dernièrement, un nouveau groupe s'est formé envers et contre lui : les Boys Cott. Les boycotteurs du scrutin. Après le FFS, c'est le RCD qui annonce qu'il n'enfilera pas le costume de lièvre, qu'il ne veut pas concourir au titre de perdant au premier tour, qu'il laisse à d'autres son rôle de figuration électorale. Il est vrai que Saïd Saadi a déjà une certaine expérience de la chose et qu'ayant perdu de sa crédibilité, il vaut toujours mieux sauver un reste d'honneur.
Ensuite, comme si cela ne suffisait pas, Zéroual sort de l'ombre pour le ridiculiser. Son nom évoque son départ prématuré avant la fin de son second mandat, ce qui est déjà douloureux. Et en annonçant que contrairement aux rumeurs il ne se portera pas candidat en 2009, il démontre qu'il ne donne pas de crédibilité au prochain vote et surtout, qu'il ne court pas derrière la présidence à vie. De quoi lui donner une aura de respectabilité tandis que l'actuel locataire d'El-Mouradia apparait comme un assoiffé de pouvoir qui refuse de lâcher son trône malgré le bilan catastrophique d'une décennie de règne sans grandeur. (Normal puisque nous sommes tous des nains me direz-vous…)
Comble de l'ironie, l'alliance présidentielle s'avère être aujourd'hui un handicap. Ni Ahmed Ouyahia ni Aboudjerra Soltani ne peuvent se porter candidats pour combler le vide. Le désaveu de 1999 n'est pas loin. A l'époque déjà on avait dû organiser une session de rattrapage (le référendum sur la concorde civile) pour notre dernier de la classe sans classe.
Alors il en est là notre cavalier solitaire, notre comique sans spectateurs, notre grain de maïs privé de salade. A moins de trois mois de l'élection présidentielle, il n'a toujours pas annoncé sa candidature, bien qu'il l'ait préparée en violant la Constitution sans consultation populaire préliminaire. Mais comment le pourrait-il dans la conjoncture actuelle ? Comment annoncer sa participation à une élection sans candidats et sans électeurs ? Comment pourrait-il revenir en arrière et ne pas se présenter, au risque de passer pour un lâche ?
Asseggas ameggaz quand même.
Par Nanou
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