Inaugurée dans la soirée de vendredi dernier au stade Ennasr de Béchar, la 3e édition du Festival gnaoui se déroule jusqu’au 6 mai.
Ayant subjugué un grand public, les troupes Diwane Oran, Diwane Mechria et Dendoun de Ghardaïa ont marqué la première soirée artistique d’un festival consacré exclusivement au diwane des Gnaouis et à leur danse.
Une vingtaine de troupes musicales est inscrite au programme, et des artistes de renom sont les invités d’honneur à Béchar. Il s’agit notamment de l’auteur-compositeur Mohamed Rouane et du rappeur Lotfi Double Canon, sans omettre la participation probable de Djamel Laroussi, connu pour son répertoire gnaoui et son jeu de guitare jazzy. En marge des productions artistiques, des conférences-débats sur la musique diwane sont prévues à la maison de la Culture de la ville, avec la participation de spécialistes du Centre de recherche sur l’anthropologie sociale et culturelle d’Oran, ainsi que de l’université de Béchar. Selon Hocine Zaidi, commissaire du festival, le but recherché à travers ces communications est de mieux faire connaître cette expression musicale et chorégraphique qu’est le diwane. La rencontre des descendants des Gnaouis, des jazzmen et de la World music sera certainement des plus intéressantes. Cinq jours durant, les habitués du gnaoui et/ou du festival se mettront au diapason des artistes dans cette ville de la Saoura, l’une des régions les plus attrayantes du Sud algérien.
Les maâlems sont bien sûr de la fête, et les sons émis par leurs percussions et guembris accompagnent la poésie et les transes. Les anciens airs gnaouis, en partie originaires d’Afrique subsaharienne, seront revisités avec de nouvelles sonorités, mettant en valeur la région maghrébine et le continent africain.
Tous les Gnaouis ne manqueront pas de rendre un vibrant hommage au regretté Maâlem Benaïssa.
Pour Hocine Zaïdi, «cette manifestation, soutenue par les autorités locales et les élus, est un levier du développement culturel et artistique de la région, de même qu’elle constitue un rendez-vous incontournable pour la connaissance d’une expression artistique qui a été jalousement préservée des aléas de l’histoire par les populations des différentes régions du nord et du sud du pays à laquelle les troupes prennent part, à l’instar de celles d’Alger, de Sidi Bel Abbès, de Saïda, de Mascara». Béchar, un carrefour pour la valorisation du patrimoine populaire et de l’identité.
Source: Le Jeune Indépendant
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