Avec son concert événement organisé à Paris, dans la soirée de vendredi dernier à l’Olympia, Khaled annonce son retour sur la scène du raï et de la world music.
Le 30 mai, le king du raï se produira dans Musiques métisses à Angoulême (sud-ouest de la France), puis passera dans plusieurs festivals d’été. Une tournée entamée à l’Olympia Bruno- Coquatrix, la mythique salle parisienne, comme pour annoncer, enfin, un retour prometteur. Ce fut aussi une soirée durant laquelle il a fait la promotion de son nouvel album sorti chez AZ/Universal à la fin de mars dernier. Le nouvel album opus est intitulé Liberté. Il nous rappelle bien la chanson Ne m’en voulez pas, je suis comme ça…! Fini alors le passage à vide, qui a duré cinq ans – et les démêlées avec la justice pour des histoires de violence conjugale ? Finies les aventures musicales qui éloignent le raïman de son identité ? En signant (son) Liberté, Khaled (49 ans) opère sûrement un retour aux sources. Les signes de l’âge ne trompent pas et le king donne l’impression de livrer un best-of. Il reprend des titres d’anciennes vedettes de la chanson populaire : Ahmed Wahby, Blaoui El-Houari, Rabah Driassa, Cheb El-Hindi… Que des reprises donc, sauf une chanson en français pour rendre hommage à son paternel. Même ce texte émane du patrimoine hérité de la poésie composée (chi’r el-melhoune) d’Abdelkader El-Khaldi. «A travers Liberté» , nous avons voulu retourner aux racines oranaises et marocaines», a expliqué Martin Meissonnier, le réalisateur artistique de l’album. «Je lui (M. Meissonnier) avais apporté une maquette avec trente-six chansons, a raconté Khaled, non sans rire comme d’habitude, il a tout mis à la poubelle et m’a dit d’aller en chercher d’autres, de renouer avec les racines du raï. «Décidément, le réalisateur artistique lui fait toujours confiance, quitte à ce que le produit ne soit pas très bien commercialisé. Khaled renoue alors avec sa musique, celle où il rend hommage aussi à Nass El-Ghiwan et inévitablement aux gnaoua, celle qu’il joue avec Aziz Sahmaoui (gumbri) et ses anciens compagnons de scène, comme le violoniste Kada. Pourtant, Khaled semble vouloir comme à l’accoutumée casser l’unicité. Il rajoute à son album un titre avec «Magic System» (même pas fatigués). Ça sert à quoi les singles ? Des duos, Khaled en a toujours fait. C’est même une grande tradition du raï, mais là, marketing oblige. Ce qui demeure essentiel chez Khaled, c’est bien la musique, l’instrumentation et sa performance vocale sur scène, surtout. Avec ce nouvel album, il renoue avec le genre des années 1970 et 1980. Il rappelle un tant soit peu un pays où la liberté est en danger.
Source: Le Jeune Indépendant
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