Après une longue absence, Amazigh Kateb est de retour. Attendu à Toulouse, samedi prochain, et au Panaf d’Alger, le chanteur gnawi parcourt les scènes de France avec, dans son goumbri, ses anciennes chansons, mais aussi du neuf.
En tournée depuis mai dernier, Amazigh Kateb se produira le 20 du mois en cours au festival Rio Loco de Toulouse, qui aura pour thème cette année le Maghreb central. Notre star de la musique gnawie y rencontrera plusieurs autres figures de proue de la chanson maghrébine, dont Hasna El-Becharia, Idir, Najat Aatabou, Biyouna, Djamel Laroussi, Belkacem Bouteldja et tant d’autres.
Le sulfureux ex-leader du groupe «Gnawa Diffusion» est enfin de retour. Après sa séparation avec la formation la plus glamour de la planète sud, Amazigh a passé une année à traîner la savate un peu partout, histoire de changer d’air (de musique), de faire des rencontres, batifoler entre l’Afrique, l’Europe et l’Amérique latine pour en récolter le pollen de ses chansons.
Voilà qu’il revient aujourd’hui avec un nouvel «attentat verbal» : Bush met (Bush est mort)*, son tout dernier titre, autoproduit cette fois et téléchargeable gratuitement sur son site Internet. Une chanson célébrant la fin d’un prédateur et la naissance, pour ainsi dire, d’un nouvel Amazigh. Mais la «mort» de Bush n’est qu’un prologue à un nouvel album solo, dont la sortie est prévue pour le 17 octobre prochain. Date loin d’être fortuite puisque c’est le 48e anniversaire du massacre des immigrés algériens sortis manifester dans les rues de Paris, en 1961. Cet opus aura de quoi charmer les fans du fils et les adulateurs du père, puisque Amazigh y reprend deux poèmes de jeunesse du défunt Kateb Yacine «Bonjour» et «Africa», a-t-on relevé dans un entretien sur le site Afrik.com.
Malgré la douloureuse rupture avec son groupe mythique, que plusieurs de ses fans ont du mal à accepter, Amazigh ne rompt pas pour autant avec le style musical de «Gnawa Diffusion». Ses nouvelles chansons sont toujours aussi métissées, balançant entre le chaâbi, le reggae, le ragga, le raï et l’électro, mais avec, cette fois-ci, un plus large espace concédé à la voix et au verbe.
Amazigh renoue également avec la scène algérienne. Depuis son concert à Alger, en avril 2007, ceux qu’on peut appeler sans hésiter ses adeptes ont, depuis longtemps, perdu patience. Le Festival panafricain d’Alger sera pour eux l’occasion de retrouver leur idole.
Autre bonne nouvelle : Amazigh sera accompagné par deux de ses compères de «Gnawa Diffusion». Il s’agit de Petit Moh (Mohamed Abdennour), dont le mandole y a été pour beaucoup dans la magie musicale du groupe, et le percussionniste Amar Chaoui.
L’Afrique s’invite à Alger. Qui mieux qu’Amazigh Kateb pour l’accueillir à bras ouverts et lui présenter une jeunesse qui a appris, grâce à lui et à des chanteurs de sa trempe, à revendiquer son appartenance au continent noir ? Le come-back de l’enfant terrible sera, sans aucun doute, des plus torrentiels.
Source: Le Jeune Indépendant
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