La salle Atlas de Bab El-Oued, Alger, accueille aujourd’hui, mardi 28 décembre, à 19h30, l’Orchestre national de Barbès pour un concert exceptionnel.
Une fois n’est pas coutume, l’Orchestre national de Barbès se produit enfin à Alger sur la scène de la salle Atlas, à Bab El-Oued. La première fois que cette formation a pris un billet pour l’Algérie, c’était pour l’ouverture du huitième Dimajazz édition du Festival international de jazz de Constantine, le 13 mai dernier, au Théâtre régional de la ville. Cette formation de douze membres, dirigée par Youcef Boukella, jouira certainement de l’ambiance d’un grand public pour faire, comme à l’accoutumée, la fête. Elle est composée notamment de Maghrébins, dont le bassiste Youcef Boukella (le frère de Cheikh Sidi Bemol). Ce dernier retrouvera sa ville natale. Lui qui s’est initié à la musique dans le quartier algérois de Belouizdad reste porté avant tout sur le rock et la bossa nova. Le dernier album «Rendez-vous Barbès» de l’ONB comporte inévitablement des compositions de rock. L’auteur de Salam (1994) a fait du chemin avec le groupe T34 dès 1985 avant de s’envoler pour Paris. Il accompagne alors le musicien américain Jeff Gardner. Bassiste talentueux et créatif, il n’échappe pas à l’attraction du raï en jouant avec cheb Mami. Puis, il fait le bonheur de Takfarinas, avant que Safy Boutella ne lui ouvre les portes du jazz underground. Il enregistre alors un album de quatre titres avec Larbi Dida, ex-chanteur de Raïna Raï, le premier groupe de pop raï. D’une rencontre à une autre, notamment celles d’avec Fateh Benlala (chanteur de chaâbi), Aziz Sehmaoui (gnawi du Maroc) et surtout Djilali, l’initiateur de la Bougnoule Connection, l’Orchestre national de Barbès signe son acte de naissance en 1995. Deux ans plus tard, ce big band offre un premier album, accueilli favorablement aussi bien par le public que par la critique. Cet album n’est pas seulement destiné aux Maghrébins, mais il s’inscrit dans le sillage de la world music. Avec ces nouvelles sonorités, l’ONB lance un nouveau genre inhérent, certes, aux musiques traditionnelles d’Afrique du Nord, mais ouvert à la pop, au rock, au reggae et à toute fusion possible. Les albums s’enchaînent et chacun d’eux apporte une nouveauté. «Alik», le troisième, sorti en 2008, reste fidèle au Maghreb, en rendant hommage à des chanteurs algériens. Il annonce surtout l’éventuelle mutation d’une formation en quête perpétuelle de nouveaux rythmes et de sons. Bon gré, mal gré, le véritable lieu d’expression de l’Orchestre national de Barbès reste la scène. Tout en œuvrant au métissage des cultures, il porte le message de l’universalité. A en croire Youssef Boukella, lui et ses compagnons défendent «les couleurs de la rue et des quartiers populaires avec beaucoup d’amusement. Le groupe s’est construit tout seul grâce à la scène. En six ans, on a fait plus de 500 concerts. Notre reconnaissance, nous la devons avant tout à notre public et pas à une campagne marketing. L’Orchestre national de Barbès a toujours été un groupe autogéré sans hiérarchie entre ses membres. Chez nous, il n’ y a pas de star ou de tête d’affiche, chacun a sa place et amène un peu de son expérience personnelle puisque, à côté, nous gérons nos carrières solos respectives. Ce qui nous réunit avant tout, c’est l’amour de la musique et l’amitié, tous les musiciens se connaissent depuis des années et étaient amis avant la formation du groupe».
Et il est vrai qu’ils communiquent bien leur plaisir de jouer ensemble en grande communion avec le public.
Par Mohamed Rediane
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