Le printemps blidéen sera célébré, du dimanche 1er au mardi 3 mai, par les artistes de la musique gnaouie, en commençant par une parade de rue à 18 h.
Blida, la ville des Roses, abrite pour la première fois les Journées de la musique gnaouie. Trois jours durant, la salle Mohamed-Touri et la place du 1er-Novembre seront animées par des troupes représentatives de plusieurs villes.
L’ouverture de cette manifestation sera marquée par une parade d’une heure, dès 18 h. Comme le veut la tradition, les troupes participantes sillonneront les rues de la ville, avant d’arriver à la salle Mohamed-Touri. Elles résonneront, en cette soirée du 1er mai, aux sons des différentes percussions (tambours ou tbel, crotales ou karkabou…) et des cordes du guembri (luth tambour), mais aussi aux chants de ces femmes et hommes gnaouis qui perpétuent le rituel légué par les Africains du Soudan. Initiées par le groupe Diwan Gnaoua, en collaboration avec l’association Tahadi Bitala de Blida, ces trois journées sont probablement un prélude à un futur festival local.
Mohamed Bahaz, dont le père est un ancien maâlem (maître musicien), est le directeur artistique de Diwan Gnaoua.
Ce percussionniste chevronné s’est adonné au tbel depuis son jeune âge. Le voilà aujourd’hui en train d’organiser cette manifestation printanière chez lui. Il nous a lui-même confié : «J’en rêve depuis cinquante ans». Etant actuellement le doyen du genre dans la ville, il veut rendre hommage à ses pairs. Ceux qui ont quitté ce monde, tels que Ahmed Naache et Meriem ou ceux qui donnent encore l’exemple, tel Allal Belhadj. Accompagné de six musiciens, notamment Djamila Bahaz au karkabou et Aïssa Soudani au guembri, Mohamed Bahaz ne semble pas découragé par le poids des ans.
A 69 ans, il poursuit tant bien que mal son bonhomme de chemin. Il serait heureux ses d’honorer dans les espaces publics ses grands-parents, sa grande famille de gnaoua.
Lui qui compte plusieurs collaborations depuis les années 1960 avec des cinéastes et nombre d’artistes, accueillera Africa Spirit d’Alger, Diwane El-Bahia d’Oran, Diwane Béchar, Noudjoum Diwane de Sidi Bel Abbès, Sidi Blad de Ghardaïa, Ousfane de Constantine, les Diwanes de Mostaganem, Mohammadia et Mascara.
Par Mohamed Rediane
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