Dihia, un court-métrage signé Omar Belkacemi, est en projection, aujourd’hui à 14 h, au palais de la Culture Moufdi-Zakaria, en avant-première.
Même si le titre du premier film de fiction d’Omar Belkacemi évoque une reine amazighe, l’auteur n’y expose pas un pan d’histoire de l’Algérie.
Dihia représente plutôt une femme qui souffre de l’absence de son conjoint, parti un jour se faire un statut d’immigré.
Il a laissé son fils, un écolier, et sa femme dans un village en Kabylie, sans leur donner signe de vie et sans subvenir à leurs besoins. Tout en subissant le regard des gens de son environnement, Dihia tente tant bien que mal de donner une bonne éducation à son enfant, jusqu’au jour où elle est surprise par la visite d’un parent. Venu avec des cadeaux, ce dernier rapporte, enfin, des nouvelles du mari. Ce film, tourné dans le village de Tazrout (Adekar, wilaya de Béjaïa) en novembre dernier, est en version amazighe.
Son réalisateur, scénariste en même temps, a eu aussi le privilège de voir ses premières images prises dans sa région même. Produit par Isser Arts Prod, une entreprise de communication spécialisée dans l’audiovisuel, Dihia se présente comme une fresque sur les conditions socioéconomiques de la femme paysanne ; mais c’est surtout un hommage à la «Mère Courage».
Après la fin du tournage du film, Isser Arts Prod est allée en janvier dernier s’installer dans la ville des Roses, à Blida, pour animer les Journées internationales du film court-métrage. Une première édition annonciatrice d’un futur festival à Chréa.
La rétrospective de Blida débarque donc au palais de la Culture à Alger. Après Dihia, le public pourra alors apprécier Blida, de Wahib Niheb (Algérie) ; Orange, de Yahia Mouzahem ; le Quotidien des automates, d’Abdelghani Raoui (Algérie) ; Comme une abeille, de Mouness Khammar (Algérie) ; le Temps d’un dessin ; de Djamila Benferhat (Algérie) ; El-Bab, de Yasmine Chouikh (Algérie) ; Dis-moi, de Sabrina Draoui (Algérie), Comme ça c’est fait !, d’Axel Dubus et Michael Havenith (Belgique) ; C’est notre cinéma, de Julien Colonna et Pierre Marie Mosconi (France) ; les Poupées de roseaux, d’Ahmed Baïdou (Maroc) ; Foundou, d’Abdelbar Mahmoud (Tunisie) ; Timpoko, de Serge Armel Sawadogo (Burkina Faso) ; Au centre de la terre, d’Ingrid Pattata (Niger), et enfin Golge Adam, de Murat Kiriski (Turquie).
Ce sera une journée coups de cœur, consacrée exclusivement au film court. Elle sera également une occasion pour les cinéastes et cinéphiles de débattre des moyens du métier, du langage cinématographique et des possibilités de réalisation d’un film.
Source: Le Jeune Indépendant
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