L’une des expositions les plus marquantes de l’événement culturel de l’année est consacrée au design et intitulée «Manières de vivre, relectures». Elle se déroule jusqu’au 20 du mois en cours, au pavillon A du palais des Expositions des Pins Maritimes.
Pas moins de trente designers africains, plus créatifs et fantasques les uns que les autres, participent à l’exposition «Manières de vivre, relectures».
Venus des quatre coins du continent, ils sont quasiment tous d’accord pour dénoncer la société de consommation, ce phénomène occidental importé en Afrique. Artistes, mais aussi concepteurs de produits de large consommation, plusieurs exposants réconcilient l’esthétique et l’utilitaire, et ce sans la moindre ombre de vulgarité.
L’exposition constitue également un espace de dialogue et de complicité entre tradition et modernité.Deux notions chères aux artistes participants, puisque tout un patrimoine millénaire et inépuisable continue de les inspirer et nourrir leurs créations. Il est aisé de constater, en déambulant dans les galeries du pavillon A de la SAFEX, qui s’avère être l’un des hôtes les plus ingénieux du Festival panafricain 2009, que les designers entretiennent et nourrissent cette passion double envers l’esthétique du passé et la beauté du présent.
Les œuvres sont installées au milieu d’un espace éclatant de blancheur, dont la scénographie, signée par Assia Ouled Kabila, a permis une occupation intelligente du pavillon et la mise en valeur des couleurs et reliefs de chaque ouvrage.
C’est une exposition haute en couleur, d’un ton volontiers libre et audacieux, où chaque artiste présente une parcelle de vie et d’histoire de son pays, du continent ou du monde. Les thèmes abordés par les exposants sont étroitement liés à l’environnement dans lequel ils gravitent, sans être pour autant isolés des questions universelles. Divers matériaux ont été employés dans la confection de ces œuvres tels que le métal, le bois, les déchets industriels ou encore les métaux précieux. C’est la collection du styliste camerounais Angy Haif qui nous accueille à l’entrée de la salle d’exposition. L’artiste y présente une série de tenues féminines montées avec de la calebasse, du fil de raphia, du bois et même de l’écorce d’arbre. Quant au Malien Cheick Diallo, connu pour être le fondateur de l’Association des designers africains, il a eu recours aux déchets industriels récupérés pour confectionner une collection de meubles, dont une chaise et un rocking-chair fabriqués à partir de boîtes de conserve et un siège baptisé Nafi fait de métal et de nylon tressé.
Du côté algérien, on note la participation du renommé Mohamed Yahiaoui, dit Yamo, connu pour ses jeux de lumières et son univers fantasmagorique. L’artiste s’est approprié un espace sombre et feutré, où les lumières discrètes mais éloquentes jaillissent de quelques recoins. Au centre, une table en verre est installée, surplombée d’un grand lustre en cristal et ornée d’une grappe de dattes. Yamo veut, à travers cette installation, incarner au mieux la sérénité et le repos psychologique et imprégner ainsi les visiteurs de ces sensations.
Esthétiques, significatives et éloquentes, les pièces exposées dans «Manières de vivre, relectures» possèdent une identité, une histoire et un parcours. C’est grâce à cette âme insufflée à leurs objets que les artistes ont signé là une exposition d’un charme indéniable.
Source: Le Jeune Indépendant
3e édition du Festival international des arts de l’Ahaggar