A l’occasion de la sortie du manga Contrast réalisé par le jeune bédéiste manga Mohamed Boumedjkane, Zoom Algérie a interviewé pour vous ce jeune artiste qui n’a pas voulu céder au fatalisme et a su surmonter toutes les difficultés pour donner vie à son projet, à sa passion. Rencontre avec ce mangaka algérien plein d’énergie et d’ambition.
Mohamed Boumedjkane : Mohamed Boumedjkane est un jeune étudiant en 2ème année Journalisme. J'ai 21 ans et je vis à Réghaia à 30 km à l’Est d'Alger. Je suis également connu dans certains forum sous le pseudo de Ikkan (c'est aussi le prénom de mon personnage principal). Je suis auteur de manga (Mangaka) algérien.
ZA : Qu’est ce qui t’as amené au dessin ?
MB : J'ai commencé le dessin depuis 2 ans maintenant. Au début, je l'ai fais juste parce que j'adorais les mangas, et donc je faisais des reproductions de divers mangas.
ZA : Comment se sont déroulé les contacts avec les éditions Houma ?
MB : Au début, j'ai pris plusieurs adresse d'éditeurs algérien sur internet, le problème c'est que je n'ai pas pu trouver certains et d'autre m'on dit qu'ils n'éditent pas ce genre de chose, et puis dans l'une de mes adresses il y avait l'édition Houma. Donc j'étais parti les voir avec mon synopsis et toutes les
planches du premier tome. Dès le début, ils m'on dit qu’ils étaient intéressés et m'ont suggérer de leur laisser le travail pour le transmettre au comité de lecture et 15 jours après ils m’ont recontacté pour me dire que le projet était accepté.
ZA : Comment est nés la BD « Contrast » ?
MB : Ca s'est passé très vite. Après seulement 3 mois de reproduction de divers dessins de manga, j'ai décidé d’attaquer mon propre manga et c'est parti sur une réflexion, je me suis dis voilà si je devais faire un manga je parlerai de quoi ? Quelle histoire serait assez intéressante et originale pour que les gens la lisent et que moi je serais assez attiré aussi pour pouvoir la raconter pendant des tomes et des tomes (le sujet de l'histoire doit intéresser celui qui la raconte aussi pour qu'il puisse continuer à la raconter). Et là je me suis poser une question : les Japonais font comment pour inventer de tel histoire ? Et j'ai trouvé qu'en faite eux ils s'inspirent de leur culture, tradition (tels que les Samurai, Geisha, Ninja...etc) et donc j'ai fais pareil en parlant de Touaregs et Zénètes qui sont les plus anciens peuples berbères.
L'idée des Touaregs et Zénètes était comme un moule dans lequel j'ai versé tout mon surplus d'idées. C’est comme que mon manga est né.
Pour le nom Contrast, vue la diversité de la culture, tradition, mentalité et paysages, on dit de l'Algérie que c’est le pays du contraste. J’ai donc appelé mon manga Contrast car pour le créer je me suis inspiré essentiellement de notre pays, bien qu'il y ai une touche Japonaise assez prononcée.
ZA : Quelles sont tes sources d’inspiration ?
MB : Si on parle de scénario alors là je dirais que je m'inspire de la musique de tout genre et toute époque (japonaise, algérienne, arabe, européenne, américaine, indienne, asiatique, traditionnelle, moderne …etc.).
ZA : Comment arrives-tu à concilier BD (manga) et études ?
Pour l'instant je n'ai pas beaucoup de problème avec ça car en journalisme on a cours que 2 fois par semaine, et puis l'éditeur ne m'impose pas de délais pour lui remettre le travail. Par contre, concilier manga et travail c'est difficile. Je dessinais tout en travaillant comme Télé-conseiller et ça n’a pas été du tout facile de concilier les deux.
ZA : Que penses-tu de la scène artistique algérienne et du manga en particulier ?
MB : Pour la scène artistique algérienne en général, je ne sais pas trop vu que je ne suis pas trop l’autre forme d'art, mais pour la BD je trouve que c'est un secteur très jeune qui ne s'est pas encore tout à fait réveillé car la BD chez nous ne s'est pas encore vraiment réconcilier avec les lecteurs. Mais avec
les efforts du ministère de la culture qui a dédié un festival entièrement pour la BD algérienne (FIBDA), on peut dire que les choses avancent un peu. Espérant qu'il y ait plus de choses comme ça pour que les gens reviennent un peu vers les livres car maintenant l'une des caractéristiques des grandes nations telles que les USA, le Japon ou la France c'est que leurs peuples lisent les livres (romans, BD et autre). J’espère que les éditeurs nous fassent un peu plus confiance et éditent plus de BD ou manga.
ZA : Des projets à venir ?
MB : Il y a le tome 2 de mon manga que j’ai presque fini et qui sortira en septembre prochain. Je souhaite également créer un magazine mensuel avec d'autres auteurs où chacun publie sa propre histoire.
ZA : Une dernier mot pour conclure
MB : Je dis à tout les jeunes qui rêvent de faire du manga ou de la BD de ne jamais abandonner et de ne jamais douter et de beaucoup travailler et il y arriveront à coup sûr.
Propos recueillis par I.Boudraa
3e édition du Festival international des arts de l’Ahaggar