«Premiers regards» est le titre d’une exposition collective de photographies, réalisée par de jeunes artistes après un stage d’initiation. Elle se tient jusqu’au 15 août à la librairie du Tiers-Monde, Alger
Comme son titre l’indique, l’exposition est la somme des premiers travaux réalisés par une quinzaine de jeunes photographes algériens, formés par M. Serge Andrieux dans le cadre d’un stage d’initiation à l’art de la photographie, soutenu par l’association française Partenariat Algérie en collaboration avec son homologue algérienne Tharwa N’Fadhma N’Soumer.
Une trentaine de photographies sont proposées à la librairie du Tiers-Monde à Alger, accrochées au milieu des rayons de livres et offertes ainsi au regard spontané du visiteur. Chacun à sa manière, ces jeunes artistes fraîchement entrés dans le vaste univers de la photographie présentent leurs regards sur la société algérienne, algéroise notamment, et tentent de mettre à profit tout ce qu’ils ont appris dans ce stage, lancé en mai 2010. Ce sont là des prises de vues authentiques, réalisées exclusivement en noir et blanc et développées dans les chambres noires, comme au bon vieux temps. Ce qui donne à ces images un aspect ancien où l’ombre et la lumière sont en parfaite harmonie ; elles créent ainsi une atmosphère à la fois sereine et chargée d’émotions. Les jeunes novices ont pris trois jours pour se balader dans Alger, s’imprégner de son ambiance quotidienne et capter quelques moments de vie qu’ils immortaliseront remarquablement dans cette exposition.
Nous pouvons admirer de magnifiques photos du Jardin de la Liberté du Sacré Cœur, de la statue de l’Emir Abdelkader qui se trouve justement à côté de la librairie, de la place Audin… Sans oublier ces ruelles cachées de la ville où il est question de fixer certains étonnements et souvent certaines tristesses sur le négatif, comme en témoigne cette image riche en émotion d’une vieille mendiante, assise à califourchon et offrant au photographe un sublime regard où se mêlent les chagrins d’une vie de misère et la dignité qui a tout de même résisté aux vents impitoyables d’un quotidien sans merci. Chaque image suscite chez le visiteur une émotion, réveille un souvenir ou crée des interrogations.
Une chose est sûre, cette première expérience de ces jeunes photographes, dont on regrettera de ne pas voir les noms sur les œuvres, témoigne d’un grand talent qui ne pourra que se perfectionner pendant les années à venir.
L’initiative prise par les deux associations Partenariat Algérie et Tharwa N’Fadhma N’Soumer afin de promouvoir ces jeunes talents, est à saluer en attendant que d’autres démarches en ce sens fleurissent en Algérie.
Par Sarah H.
3e édition du Festival international des arts de l’Ahaggar